Lors de la précédente génération de consoles, Nintendo avait reconnu s'être plus ou moins planté. En effet avec la GameCube, Nintendo avait une stratégie de suiveur : la GameCube ne possédait pas de fonctionnalités spéciales par rapport aux consoles concurrentes. En effet la GameCube, la Xbox, et la PlayStation 2 possédaient des graphismes identiques, des gameplays similaires et des jeux souvent multiplateformes. Difficile alors de se différencier ! Nintendo a beaucoup appris de cette génération de consoles et s'est promis de ne plus faire les mêmes erreurs. En sortant la Wii, Nintendo a mis en place une stratégie dite "Blue Ocean", dans laquelle le but est clairement de se différencier par rapport à la concurrence pour sortir d'un marché cloisonné et saturé par une concurrence trop intense.
Nintendo avait déjà engagé cette stratégie en sortant la Nintendo DS, où le joueur pouvait utiliser un écran tactile pour interagir avec le jeu. Le succès ne s'était alors pas fait attendre et la Nintendo DS s'était alors écoulée à plusieurs dizaines de millions d'exemplaires partout dans le monde. Nintendo avait senti, qu'ils venaient de tomber sur un filon inexploité : l'exploitation ne demandait qu'à commencer.
En sortant la Wii, Nintendo ne vise plus seulement le marché des gamers mais élargie sa cible marketing à l'ensemble du public : les hommes, les femmes, les vieux,et non plus seulement les ados boutonneux. Nintendo vise large, Nintendo devient ambitieux ! Pour intéresser les non-joueurs (femmes, personnes âgées, cadres...), Nintendo va devoir s'affranchir des clichés que le grand public à en tête à propos du jeu vidéo : "c'est uniquement pour les enfants, c'est compliqué, ça n'est pas pour moi...". Pour faire tomber ces barrières, Nintendo va devoir se délester d'un accessoire de taille : la manette ! En effet, la manette est l'incarnation de l'ensemble de ces clichés : elle restreint le jeu vidéo uniquement à ceux qui savent la manier, c'est une sorte de barrière à l'entrée qui doit être abolie pour permettre la majeure partie du public de vraiment s'amuser avec un jeu vidéo.
Cependant, Nintendo en s'en affranchira pas complètement... un choix ? Une technologie manquante ou trop coûteuse ? Dans tous les cas, Nintendo choisira la Wiimote. Un contrôleur possédant très peu de boutons et doté d'un capteur de mouvements. Une sorte de compromis entre « un contrôleur complexe » et pas de contrôleurs du tout. Cette wiimote va être le début d'une grande aventure pour Nintendo : l'aventure du succès. Nintendo a vu juste et le grand public va le lui faire savoir : les Wii vont se vendre comme des petits pains. Là où il fallait auparavant appuyer sur un bouton, Nintendo propose maintenant de jouer en faisant des mouvements. C'est simple est tout à fait intuitif : expliquer de plus à grand-mère sur quel bouton appuyer, dites-lui simplement de mimer un joueur de tennis. C'est simple et accessible à tous.
Le succès est immédiat et la Wii va être un carton sur tous les continents et relègue la Xbox 360, bien que plus puissante, au rang d'une console dépassée. La concurrence (Sony et Microsoft) regardent ailleurs ce succès avec une certaine envie : un nouveau marché vient de s'ouvrir, celui qui propose aux joueurs occasionnels de passer du bon temps sur un jeu vidéo. Ce nouveau marché portera le nom de « Casual Gaming » jeu occasionnel en bon français. Il regroupe l'ensemble des joueurs non habitués qui s'improvisent une petite partie de jeux vidéo de temps en temps. Cela va d'ailleurs plus loin que le marché de la console de salon puisque le marché des consoles portables et des téléphones portables sont aussi concernés : un véritable filon qui ne demande qu'à être exploité. Sony va d'ailleurs être le premier à dégainer, en sortant un accessoire ressemblant tout particulièrement à la wiimote de Nintendo... le Playstation Move.
Lire le prochain article consacré au Playstation Move de Sony.
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